Lettre ouverte à la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli et à la COFEC

Au sujet du projet du Musée de la sculpture

À la suite du retrait du règlement d’emprunt de 475 000 $, il a été avancé publiquement que le manque d’adhésion citoyenne pourrait s’expliquer par une compréhension insuffisante du projet.

Cette explication est insuffisante.

Lorsque 566 signatures sont recueillies, soit près du double du seuil requis, il ne s’agit plus d’un problème de communication. Il s’agit d’un signal structuré, qui indique que des éléments essentiels du projet ne sont pas compris — ou ne sont pas présentés de manière suffisamment complète pour être évalués.

Ce signal mérite d’être pris au sérieux.

Car les préoccupations exprimées ne portent pas uniquement sur l’information. Elles portent sur la structure même du projet.

Plusieurs éléments, accessibles dans les documents publics, demeurent partiels ou incomplets :

Ces éléments ne sont pas secondaires. Ils déterminent la capacité réelle du projet à être compris, évalué — et accepté.

Un autre aspect ne peut être écarté du contexte.

Des documents indiquent qu’un avenant signé hors notaire et non publié a substantiellement modifié le calendrier de paiement du Domaine Médard-Bourgault, en repoussant de plusieurs années les principales échéances.

Sans tirer de conclusion sur sa validité juridique, cet élément modifie la lecture du contexte dans lequel le projet est envisagé.

Il introduit une incertitude réelle sur les bases financières et juridiques entourant le lieu lui-même.

Dans ce contexte, une question s’impose :

est-il possible de structurer un projet d’envergure sur des bases qui ne sont pas encore pleinement clarifiées?

Cette question n’est pas théorique. Elle touche directement la confiance nécessaire à tout projet impliquant des fonds publics et un patrimoine collectif.

Le retrait du règlement d’emprunt ne constitue pas seulement un arrêt temporaire.

Il marque un point de bascule.

Il devient désormais difficile de revenir avec une version du projet qui se limiterait à être mieux expliquée.

Une nouvelle version devra être fondamentalement plus complète.

Elle devra notamment :

Ces éléments ne relèvent pas d’un niveau de détail. Ils constituent désormais les conditions minimales de compréhension.

La question n’est peut-être pas de savoir si le projet doit exister.

Elle est de savoir dans quelles conditions il peut être acceptable.

Un projet patrimonial ne peut pas reposer uniquement sur une intention.

Il doit reposer sur une compréhension partagée, fondée sur des bases claires, complètes et cohérentes.

La réaction de la population ne constitue pas un obstacle à contourner.

Elle constitue une base à partir de laquelle le projet devra être reconstruit.


Raphaël Maltais Bourgault jackmaltais@outlook.com