André Médard Bourgault — classe de maître


Il y a deux ans, j'ai passé plusieurs journées dans l'atelier d'André, au Vivoir, à Saint-Jean-Port-Joli.
J'avais une caméra. Lui, ses gouges.
Ce que j'ai filmé, c'est le processus complet — un tronc de tilleul brut qui devient, coup par coup, un visage de femme. Environ huit heures de travail. Du premier trait de crayon à la dernière passe de ciseau.

André Médard Bourgault a 85 ans. Il est le fils de Médard Bourgault. Il sculpte depuis l'enfance. Il sculpte encore.

Pendant ces huit heures, il travaille et il parle. Il nomme chaque outil au moment où il le prend. Il explique pourquoi ce ciseau plutôt qu'un autre, comment on lit le fil du bois, où on frappe et où on s'arrête. Il montre comment il a appris — les gestes que son père lui a transmis, et ce qu'il a développé par lui-même au fil des décennies.
Ce n'est pas un cours. C'est une transmission.

Je n'ai pas encore décidé comment rendre ce contenu accessible — la forme, le moment, la manière. C'est un projet qui se construit.
Mais pour l'instant, je partage un extrait. Dix minutes tirées du début du processus.
Le reste existe. Et ça, c'est irremplaçable.

